Portrait d’auteur : Cécile Duquenne (1ère partie)

Pour inaugurer la section blog du site et vous présenter mes auteur(e)s et œuvres préféré(e)s, j’ai le plaisir d’accueillir Cécile Duquenne qui a accepté de répondre à mes (nombreuses) questions.

Pour commencer, voici comment l’auteure est présentée chez Bragelonne :

Cécile Duquenne est née en 1988.

Auteur de fantasy, fantastique et jeunesse, elle est également doctorante en littérature japonaise et comparée la plupart du temps, pirate de l’espace dans ses rêves les plus fous et sorcière à Poudlard dans une réalité alternative.

Elle aime les sushis, la couleur rouge et le thé sans sucre, par contre elle déteste la betterave, l’hypocrisie, et le café mal fait.

(crédit photos Jean-Noël Portmann)

 

Malgré son jeune âge, elle a déjà une bibliographie très impressionnante (et une page Wikipédia, excusez du peu) :

  • 2007 : Sous-sol (nouvelle)
  • 2009 : Les Deux orfèvres (nouvelle)
  • 2010 : Le Triomphe de l’impératrice (nouvelle)
  • 2010Entrechats (roman, éditions Voy’el)
  • 2011 : Un beau paquet d’ordures (nouvelle)
  • 2014Les Foulards rouges, saison 1 (collection Snark de Bragelonne)
  • 2014 : Quadruple assassinat dans la Rue MorgueLes Nécrophiles anonymes (T.1) en numérique dans la collection Snark de Bragelonne, en papier chez Voy’el
  • 2014 : L’étrange cas du Docteur Ravna et de Monsieur Gray, Les Nécrophiles anonymes (T.2) en numérique dans la collection Snark de Bragelonne, en papier chez Voy’el
  • 2014 : Purespace, saison 1 en numérique et papier aux Éditions du Petit Caveau
  • 2015 : Les Foulards rouges, saison 2 (collection Snark de Bragelonne)
  • 2015 : Le dernier des Néphilim, Les Nécrophiles anonymes (T.3) en numérique dans la collection Snark de Bragelonne, en papier chez Voy’el
  • 2015La Tour (auto-édition)
  • 2015 : Penny Cambriole et l’horloge à voler le temps  (T.1), éditions Rouge  Safran
  • 2016 : Les Foulards rouges, saison 3 (collection Snark de Bragelonne)
  • 2016 : L’île aux démons, Les Nécrophiles anonymes (T.4) en numérique dans la collection Snark de Bragelonne
  • 2016 : Mineurs sans âmes, Penny Cambriole (T.2), éditions Rouge  Safran
  • 2017 : Sous les rouages du temps, Penny Cambriole (T.3), à paraître le 10 octobre aux éditions Rouge  Safran

 

 

 

 

 

Et une petite dernière pour la route, parce que cette liste était vraiment trop courte  :

  • Directrice de collection pour De la Corne du Kirin aux ailes du Fenghuang aux Éditions Voy’el (2015)

Maintenant que vous connaissez un petit peu mieux Cécile, passons aux questions.

Dans cette première partie, je vais aborder la première période de sa carrière, des débuts à l’année charnière 2014.

Fred : Tes premiers écrits furent des fan-fictions quand tu étais ado, si je ne m’abuse. Quel a été le déclic pour oser publier le tout premier texte ? La passion de l’œuvre d’origine ? Les échanges avec la communauté ?

Cécile : L’œuvre qui a changé ma vie, et qui a changé la vie de beaucoup de gens, ce fut Harry Potter. À l’époque, nous n’avions que les quatre tomes en papier à nous mettre sous la main, pas de film, et aucune exclusivité. Rien que l’attente.

Or, il fallait bien que j’essaie de maîtriser mon impatience, et je me suis donc tournée vers internet – et pas aussi naturellement qu’aujourd’hui, l’idée a mis un moment à me venir. Au départ, d’ailleurs, je cherchais juste une date de publication du tome 5, pas spécialement des textes écrits dans l’univers d’Harry Potter (je n’avais même pas idée que ça puisse existé !)

Après, en toute sincérité, je ne me souviens pas de ce « déclic »… seulement de la joie à l’idée de publier, moi aussi, un texte qui trouverait un lecteur, deux lecteurs, des dizaines – ou zéro. J’avais tellement envie de faire partie de cette communauté de jeunes auteurs – certains de mon âge, certains plus âgés – que je n’ai pas vraiment réfléchi : c’est une passion qui s’est soudain déclarée, comme un feu, et n’a pas cessé de me dévorer depuis.

Les premiers échanges avec la communauté ont été effectués par le biais des reviews, sur fanfiction.net, donc… je mettais toujours des petits commentaires du style « la suite pitiééééé », ou « oh la la, ce nouveau chapitre, je l’ai trouvé vraiment super sombre/drôle/triste », rien de très évolué. Ce n’est que, peu à peu, en tissant des liens avec d’autres auteurs, que j’ai commencé à penser un peu plus l’écriture en termes techniques. On se lisait mutuellement pour le plaisir et, le coup d’après, on relisait nos chapitres en s’échangeant des commentaires qui ressemblent fort à ce qui se fait à de la bêta-lecture.

Sauf que c’était pas sur Word, et qu’à côté, on avait MSN : c’était plus ou moins de la bêta-lecture en live ! ^^

Et en retournant voir mes anciennes histoires (je n’avais plus fait ça depuis 2013…), je vois que j’avais un système de réponse aux reviews assez rôdé : tous les 5 chapitres, je postais un « chapitre » qui n’en était pas un et je répondais aux gens. L’histoire se construisait avec eux, parfois, quand ils avaient une idée qui me plaisait… hop, avec leur accord, je l’intégrais ^^

Et tout a commencé en 2003… il y a 15 ans, donc. Bordel. Le coup de vieux.

Preuve par le lien (plus honte de rien, moi…) : https://www.fanfiction.net/u/509060/Gabrielletrompelamort

(oui, j’étais une vraie kikoolol, mais déjà fan d’Harlock et cie, alors ça rattrape !)

 

F : Tu as écrit beaucoup de fan fictions avant de passer à tes propres écrits ? Comment as-tu fait cette transition ?

C : En vérité, j’écrivais aussi un roman en même temps que mes fanfictions (Perce-Neige, que ça s’appelait, une histoire de fantasy avec des orques, des elfes et de la crème de massage (je n’invente même pas)). Mais je ne suis jamais parvenue au bout, alors qu’avec la fanfiction, j’avais réussi : c’était sûrement dû au fait que, trop enthousiaste à l’idée de me lancer dans un roman original, je n’avais que peu préparé mon scénario ou creusé mon univers et mes personnages, alors que pour la fanfiction, j’évoluais dans un univers préexistant, que je connaissais bien.

La transition vers l’écriture d’œuvres originales a donc été parallèle à l’écriture de Potterfictions. Ayant échoué à parvenir au bout de mon roman, j’ai continué les fanfictions et enchaîné les nouvelles. Je viens de compter, et il y en a plus d’une cinquantaine dans mes dossiers de l’époque.

Je répondais à au moins un appel à texte tous les mois, et ça a été très formateur. Tant au niveau de l’écriture, des récits en eux-mêmes, que pour me professionnaliser un peu et découvrir, petit à petit, la manière dont l’édition fonctionnait.

Ado, à la fin du collège et au lycée, je ne faisais qu’écrire. Tous les jours, tous les soirs. Je faisais mes devoirs en premier, et ensuite, je me lançais. Si je devais le refaire aujourd’hui, je ne sais pas si je saurais retrouver ce genre d’énergie inépuisable !

F : Tes premières nouvelles emmenaient déjà dans deux mondes différents. Le triomphe de l’impératrice envoie dans l’espace alors que les deux orfèvres amènent dans une ambiance Steampunk. C’était une volonté de déjà mener deux univers en parallèle ?

C : En fait, ni l’une ni l’autre n’est ma première nouvelle… 😉

 

<== (intervieweur qui a bien travaillé ses dossiers)

 

Ma première nouvelle et véritable première publication était dans un fanzine sur le thème des monstres : j’en étais et en reste très fière ! Il s’agissait du fanzine associatif Éclats de rêve, aujourd’hui malheureusement arrêté. J’adorais ce fanzine et le lisais régulièrement. La couverture est ici, pour les curieux.

Sinon, pour répondre à ta question, disons que si c’est une volonté de ma part, elle n’a jamais été consciente. C’est, je pense, un reflet de mes goûts personnels de lectrice : je ne cherche pas à lire dans un genre précis, mais des thèmes qui me parlent, des situations qui m’intriguent, des personnages qui m’accrochent. Partant de là, quand j’écris, je développe le contexte en même temps que je crée le reste, et mon objectif, c’est que tout se tienne. Quand je me lance, je ne me dis pas « tiens je vais écrire de la SF » ou « tiens je vais écrire du Steampunk ». Généralement, quand je fais ça, c’est là que je me plante ^^

F : Quelle influence a eue ton titre de finaliste du Prix Merlin en 2010 ? Un encouragement ? Un moment anecdotique ?

C : Un encouragement, c’est certain, mais pas forcément dans le sens où ça a apporté une valeur ajoutée à mon écriture. Pour moi, honnêtement, ça m’a motivé, évidemment, mais ça n’a rien changé à ma manière d’écrire. Je n’ai pas cherché à correspondre à quoi que ce soit ensuite.

Par contre, côté édition, là, ça a changé quelque chose… parce que le Prix Merlin est un prix des lecteurs : cela signifie que l’auteur qui le remporte – ou qui y est finaliste – dispose d’une communauté étendue. Au-delà de l’aspect gratifiant et motivant que ce genre de soutien a sur l’écriture, en édition, cela signifie que l’auteur a un public et que, par conséquent, le bouche à oreille est plus à même de marcher avec lui. Les auteurs ayant été sélectionnés ou primés ont donc davantage de chances d’être publiés, même si entre l’avant et l’après prix, rien n’a radicalement changé.

J’ai peut-être l’air bassement réaliste, mais c’est souvent comme cela, avec les prix – et surtout les prix des lecteurs, où les gens sont invités à voter.

A un niveau personnel, cela reste un merveilleux souvenir : parce que ce prix, même si je ne l’ai pas remporté au final, a été la cause d’un immense mouvement de solidarité autour de ma petite nouvelle, écrite en revenant d’Italie, avec les souvenirs encore frais dans la tête…

Plus qu’une consécration littéraire, je le vois comme une preuve de confiance de la part de mes lecteurs, et ça, c’est irremplaçable.

Je dirais même : ça n’a pas de prix !

Un grand merci à Cécile pour toutes ses réponses et je vous donne rendez-vous dans une semaine pour la 2ème partie  qui abordera l’année 2014 et les thèmes forts de ses séries.

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